Flore Lelièvre, créatrice des Reflets,

ces délicieux paris gagnants qui changent les regards

J’ai eu le plaisir de déjeuner au Reflet, un moment de joie pour les yeux, les papilles et surtout pour le cœur…

Le projet de fin d’étude d’architecture d’intérieur de Flore Lelièvre s’est transformé en une formidable aventure.

Cette gageure était improbable, concevoir un lieu de travail adapté aux porteurs de trisomie 21

quand ce sont jusqu’à présent, toujours et partout, aux « différents » de s’adapter...

Pour créer un lieu-outil pour permettre l’inclusion, un lieu de rencontre, quoi de mieux qu’un restaurant ?

Jongler avec les contraintes aiguise la créativité de Flore: ne pas sacrifier l’ergonomique à l’esthétique,

imaginer mille trouvailles pour harmoniser le confort des hypothétiques employés « différents » à celui des clients.

Autour de Flore, cheffe d’orchestre passionnée, les compétences conjuguées se sont mises au diapason avec enthousiasme pour donner vie à ce qui n’était qu’un projet de fin d’étude.

Un beau et bon restaurant avec un personnel extraordinaire voit le jour en 2016 à Nantes.

Un deuxième restaurant ouvre à Paris 3 ans après..

Le succès est au rendez-vous, le concept intrigue, la couverture médiatique est intense.

L’impact est double ; c’est d’abord un formidable espoir pour les personnes en situation de handicap et leur entourage, c’est ensuite la rencontre avec des clients dubitatifs et curieux. Constatant que ces professionnels ont des capacités, leur regard évolue, puis ils repartent conquis.

La magie opère toujours, l’expérience est positive, gaie. Cette équipe extraordinaire a un don inné,

talent spontané pour mettre à l’aise et abattre barrières et résistances.

L’association de Flore ne tarit pas d’idées nouvelles. Ses expériences couronnées de succès en font une source d’inspiration. Une trousse à outils éprouvée pour restaurateurs, employeurs.

Pour combler le vide entre 2 réseaux qui nécessitent d’être mis en contact, un dispositif d’aide est créé entre employeurs potentiels et demandeurs stagiaires.

L’association accompagne ainsi à la fois l’entreprise et le jeune.

Autour de ce projet initial qui pouvait paraitre utopique, beaucoup de belles personnes ont rejoint l’aventure avec un engouement remarquable et continu.

Flore Lelièvre se dit rassurée sur l’espèce humaine…

Vous avez souffert, enfant, des grandes morsures et des petites humiliations que votre frère subissait. Forte de cette aventure réussie, de ce pari gagné, pensez-vous que c’est de l’ignorance, du manque d’occasion de se côtoyer que persistent cette méfiance et cette ignorance face aux personnes « différentes » ?

Je pense que l'on voit encore trop peu ces personnes, que l'on pense "différentes", elles sont encore trop souvent mises de côté, en marge de la société. Or, le meilleur moyen de lever les préjugés et de faire tomber les barrières, ç'est de créer la rencontre. D'où cette envie de créer un lieu de partage, de convivialité, où l'on vient à la rencontre de l'autre.

Les personnes extraordinaires ne rentrent pas dans les cases, vous en créez de nouvelles, sur-mesure, chaque jour. Comme vous le disiez, ce sont les contraintes qui boostent la créativité ; diriez-vous que c’est réellement une opportunité pour une entreprise d’accueillir ces profils atypiques ?

Absolument, cela nous pousse à manager différemment, à être plus à l'écoute de l'autre, à nous adapter, à se ré-inventer. Et surtout, cela donne une vraie dimension humaine, et beaucoup de sens à notre quotidien. Cela fédère également une équipe, et permet d'offrir aux clients une belle expérience humaine, que beaucoup recherchent également.

Dans cette période de turbulences, nombreux sont ceux qui tendent à déserter les « bullshit jobs », en quête de métiers utiles et qui ont du sens. Pensez-vous que votre modèle économique qui combine équilibre, joie et espoir, soit susceptible d’essaimer ?

Depuis l'ouverture du Reflet, le projet attire beaucoup de personne en quête d'une nouvelle aventure, d'un projet porteur de sens. D'ailleurs plusieurs établissements s'inscrivant dans la même démarche, sont ouverts depuis ou sont à l'étude. Face aux nombreuses sollicitations, nous avons d'ailleurs écrit un livre, pour partager notre expérience au plus grand nombre et donner envie à d'autres de se lancer dans des aventure extraordinaires !

Un des objectif que nous avions en ouvrant notre second restaurant à Paris était d'ailleurs d'augmenter notre visibilité pour multiplier notre impact social, car on espère que Le Reflet continue, en montrant que ç'est possible, d'essaimer naturellement.

Propos recueillis par Sabine Komsta

Le Reflet à Nantes : 4 Rue des Trois Croissants, 44000 Nantes

Le Reflet à Paris : 11 Rue de Braque, 75003 Paris

Le livre édité par Le Reflet : http://projet-lereflet.fr/notre-livre/

L'association Trinôme 44 : http://projet-lereflet.fr/2017/01/06/trinome-44/

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