· PAROLE D'ENSEIGNANT

Les 10 choses que m’ont apprises mes élèves extra-ordinaires

1. Communique avec les parents

Les parents nous apportent des éléments précieux pour connaître leur enfant : leur personnalité, leurs goûts, leurs fragilités. Communiquer régulièrement avec les parents permet de créer une relation de confiance avec eux. L’enfant se sent aussi entouré par des personnes qui travaillent ensemble pour lui : de véritables partenaires.

2. Documente-toi

Comprendre au mieux le trouble de l’enfant est primordial pour un travail de qualité. Lire des témoignages de parents ou des documentaires, regarder des films ou des vidéos, suivre des personnes concernées par ce trouble sur les réseaux sociaux permet d’ouvrir et d’enrichir son regard et d’adapter de façon plus fine sa pédagogie.

3. Sois honnête avec les autres élèves

Parler aux autres élèves de la classe du trouble d’un enfant avec des mots clairs et à leur portée est important pour eux et pour l’enfant extra-ordinaire qui se sent alors reconnu dans sa singularité. Les camarades pourront ainsi mieux comprendre certains de ses comportements mais aussi l’attitude parfois différente, car adaptée à ses besoins spécifiques, des adultes à son égard.

4. Personnalise ta pédagogie

Créer un projet personnalisé pour l’enfant lui permet d’être en situation de réussite avec des tâches adaptées plutôt qu’en situation d’échec dans une tâche similaire à celle de ses camarades. Le projet personnalisé tient compte des goûts de l’enfant, lui permet d’avancer à son rythme et de montrer aux autres ce qu’il a réussi. Il renforce donc l’estime de soi.

5. Travaille en équipe

Faire avancer un enfant extra-ordinaire est un travail de collaboration étroite avec l’AESH et aussi avec l’ATSEM en école maternelle. La multiplicité des regards est une richesse et chacun est un relais pour les autres. Etre ouverte aux initiatives de mes partenaires au quotidien me permet d’enrichir ma pratique par de nouvelles idées et approches.

6. Valorise la moindre victoire

Se tenir bien au coin regroupement pendant dix minutes, dire quelques mots pour formuler une demande sont pour certains enfants des victoires. Il est important de les mettre en valeur aux yeux de l’enfant, de ses camarades et de ses parents. Les autres élèves de la classe prennent d’ailleurs vite l’habitude de noter les progrès de leur camarade extra-ordinaire et de le féliciter. Applaudir tous ensemble un enfant est une idée toute simple mais très porteuse.

7. Prends du recul régulièrement

Accompagner un enfant extra-ordinaire demande beaucoup d’énergie, d’enthousiasme, de patience et de persévérance. Il y a des moments difficiles où l’enfant régresse, que ce soit dans le comportement ou dans les tâches scolaires. Dans ces périodes-là il est important d’accepter de passer le relais aux partenaires, de remettre les choses à leur juste place et de conserver son exigence et sa bienveillance, tout en rappelant à l’enfant que l’on croit en lui.

8. Prépare soigneusement tes réunions

Les équipes de suivi de scolarité (ESS) sont souvent d’une grande violence pour les parents. Il est important de préparer un bilan sur le travail de l’enfant qui valorise d'abord ses réussites et insiste sur le chemin parcouru, même s’il faut évoquer ensuite les points difficiles pour l’enfant et une orientation qui peut être vécue douloureusement. Recevoir les parents au préalable en petit comité, par exemple juste avec la directrice, permet de les préparer à l’orientation et d’atténuer un peu l’épreuve de l’ESS.

9. Accepte ton impuissance

Quand on accompagne des enfants, et a fortiori des enfants extra-ordinaires, on est souvent confronté à son impuissance. Malgré les efforts, les projets mis en place, il arrive que nous ne parvenions pas à atteindre les objectifs fixés pour l’enfant. Il faut l’accepter, se dire que nous avons fait notre maximum et partagé une partie de route avec cet enfant. D’autres enseignants continueront notre travail et le temps fera son œuvre.

10. Remercie tes élèves

En fin d’année j’aime écrire une lettre à mes élèves pour leur souhaiter bonne chance pour la suite et leur rappeler de toujours garder confiance en eux. Je les remercie aussi pour tout ce qu’ils m’ont appris. Et après douze années à enseigner j’en suis maintenant persuadée : c’est dans les situations les plus compliquées et éprouvantes qu’on apprend le plus car on est amené à développer son ouverture d’esprit, sa créativité et sa persévérance.

Cécile Glasman

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